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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 19:29
ÉCHANGE ET CARACTÈRE DOUBLE  DE LA MARCHANDISE
Article paru dans Alarme N° 4

Le court exposé qui suit est un condensé de l'analyse du caractère double du produit du travail dans l'échange et des rapports sociaux connexes à cette spécificité de la marchandise. Déjà contenue dans Salaire, prix et profit ou dans Les Manuscrits de 1844, pour ne citer que quelques unes de ses premières œuvres de critique de l'économie politique, cette analyse a été reprise et développée par K.Marx dans le chapitre premier du Livre I du Capital (d'où certaines phrases de notre exposé sont même directement tirées, et si nous ne les mettons pas entre guillemets, c'est dans le seul but de ne pas alourdir la lecture d'un texte qui peut paraître ardu à certains).

Bien comprendre ce qui se cache derrière l'échange et la marchandise, cela est d'unt grande importance pour les individus qui aujourd'hui se veulent être révolutionnaires. Aussi, cet article a-t-il l'ambition de dissiper quelques unes des conceptions erronées communément répandues sur la prétendue neutralité d'une partie de l'organisation économique — en fait intimement liée à la société capitaliste et à l'exploitation salariale— dont pourrait hériter l'organisation économique et sociale communiste.

Sans la disparition complète de la totalité de l'organisation économique capitaliste, et ce au niveau mondial comme au niveau local, la société socialiste ne pourra jamais exister et l'humanité entière continuera à sombrer dans la barbarie jusqu'à ce que la guerre impérialiste, elle aussi indissolublement liée au système capitaliste, mette un terme à l'histoire des hommes.

Considérons une table et une chaise. Ces deux objets ont chacun une utilité donnée. Ce sont des valeurs d'usage.

Mais lorsqu'intervient l'échange, qu’advient-il de ces deux objets, désormais marchandises? Une table s'échange contre une chaise. Soit! Mais en vertu de quelle propriété commune à la table et à la chaise peuvent-elles bien s'échanger? Est-ce parce qu’elles sont toutes deux des valeurs d'usage? Non; ce qui caractérise l'échange, justement, c'est l'abstraction que l'on fait de la valeur d'usage des marchandises. Leur propriété commune est donc ailleurs. Les caractères utiles particuliers des produits du travail, en disparaissant, font disparaître, et le caractère utile des travaux qui y sont contenus, et les formes concrètes diverses qui distinguent une espèce de travail d'une autre espèce. Ce qui est commun à la chaise et à la table, quand elles rentrent en rapport dans l'échange, c'est donc que dans leur production une force de travail humain a été dépensé, que du travail humain y est accumulé. En tant que cristaux de cette substance sociale commune, les marchandises sont réputées valeurs.

Comment mesurer la grandeur de valeur d'une table ou d'une chaise? Par le quantité de travail contenue en elles, quantité de travail qui a pour mesure sa durée dans le temps. Mais le travail mesuré est celui qu'exige tout travail, exécuté avec le degré moyen d'habileté et d'intensité, et dans des conditions qui, par rapport à la société donnée, sont normales. Le temps mesuré est donc appelé: temps socialement nécessaire à la production des marchandises Deux marchandises qui peuvent être produites dans le même temps suivant les conditions sociales existantes ont une valeur égale. Ce n'est donc pas l'échange qui règle la quantité de valeur d'une marchandise mais, au contraire, la quantité de valeur d'une marchandise qui règle l'échange.

Ainsi, la marchandise est double: elle est à la fois valeur d'usage (car pour produire une marchandise, il faut avant tout produire une valeur d'usage, mais une valeur d'usage pour d'autres, une valeur d'usage social) et à la fois valeur. Si nous disons: en tant que valeurs, toutes les marchandises ne sont que du travail humain cristallisé, nous les ramenons par notre analyse à l'abstraction valeur; mais avant comme après, elles ne possèdent qu'une seule forme, leur forme naturelle d'objets utiles. Et pourtant il en est tout autrement dès qu'une marchandise est mise en rapport de valeur avec une autre marchandise. Dès ce moment, son caractère de valeur ressort et s'affirme comme sa propriété inhérente qui détermine sa relation avec l'autre marchandise. Le travail dépensé dans la production des objets utiles revêt donc le caractère d'une qualité inhérente à ces choses qui s'oppose alors à leur forme naturelle, celle d'objets d'usage.

La forme valeur et le rapport de valeur des produits du travail n'ont absolument rien à voir avec leur nature physique. C'est seulement un rapport social déterminé des hommes entre eux qui revêt ici pour eux la forme fantastique d'un rapport des choses entre elles. Comme les producteurs n entrent socialement en contact que par l'échange de leurs produits, ce n'est que dans les limites de cet échange que s'affirment d'abord les caractères sociaux de leurs travaux privés. Il en résulte que pour eux, les rapports de leurs travaux privés apparaissent pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire non des rapports sociaux immédiats des personnes dans leurs travaux mêmes, mais bien plutôt des rapports sociaux entre les choses comme si celles-ci étaient animées d'une vie propre. Il y à donc totale scission et opposition entre le producteur et le produit de son travail, ainsi qu'entre les producteurs eux- mêmes.

D'autre part, la loi des échanges ne stipule l'égalité que par rapport à la valeur des articles aliénés l'un contre l'autre, mais elle présuppose une différence entre leurs valeurs d'usage et n'a rien à faire avec leur consommation qui commence seulement quand le marché est déjà conclu. Prenons une marchandise particulière; la force de travail. Son possesseur la vend et reçoit la valeur de sa marchandise, c'est-à-dire l'équivalent de ce qui a été nécessaire à sa production. Celui à qui a été vendue cette force de travail a désormais tout le loisir d'user de la marchandise qu'il a achetée. En obtenant la valeur d'échange de sa force de travail, le salarié obtient les moyens de la reconstituer et de la reproduire. Cependant, il en a aussi aliéné la valeur d'usage, comme cela a lieu dans tout achat et vente de marchandise. De cet usage de la force de travail de l'ouvrier, le capitaliste extrait un surtravail dont la valeur est appelée plus-value, base du système capitaliste.

Du seul exposé qui précède, nous pouvons déduire la nécessité d'abolir toute économie basée sur l'échange. En effet, d'une part les hommes doivent, aujourd'hui que les conditions sociales et économiques le permettent plus que jamais par le passé, abolir tout ce qui peut leur paraître énigmatique, incompréhensible parmi les structures qu'ils ont eux-mêmes créées au cours de l'histoire sous le poids de la nécessité, et, d'autre part, comme nous l'avons vu, l'échange étant à la base du salariat et de la plus-value donc du capital, sa survivance supposerait toujours la possibilité pour l'exploitation capitaliste (ou pour n'importe quelle autre forme d'exploitation) de renaître*

N'importe quelle forme d'exploitation en effet, car l'échange suppose division entre les hommes et c'est de cette division que nait l'exploitation. Seule l'Union (réelle et non fictive comme celle que semble créer l'échange) entre les hommes pourra prévenir à jamais toute renaissance de l'exploitation et de l'oppression.

Certains, se prétendant socialistes, parlent de l'économie autogestionnaire comme d'une économie progressiste voire socialiste. L'autogestion, soit la gestion par chacun de ses propres affaires ou par chaque corps de la société des affaires qui le concernent, est une économie dans laquelle les hommes restent séparés les uns des autres par l'échange, dans laquelle la société reste organisée en classes ayant chacune une tâche particulière dans la production et l'échange de marchandises. L'autogestion n'a donc rien à voir avec le socialisme et n'a donc aucun caractère progressiste puisqu'aujourd'hui tout ce qui n'est pas socialisme est réactionnaire.

La suppression par la révolution sociale de la contradiction entre valeur d'usage et valeur d'échange par la réduction du produit du travail à la seule valeur d'usage équivaudra à l'élimination du principe: "à chacun selon son travail" et à son remplacement dans les rapports sociaux par le principe socialiste: "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins", principe qui résume le libre développement de chacun dans une société libérée de ses divisions. L'abolition des rapports d'échange, avec tout ce qui y est rattaché comme l'argent (forme marchandise générale) et le salariat (rapport social d'exploitation issu de la vente de la force-de-travail-marchandise), ouvrira la voie à l'établissement du mode de production et de distribution socialiste, où la production ne se fera qu'en fonction de la satisfaction des besoins de tous.

[Ceci bien sûr si l'on suppose un état idéal et totalement illusoire où l'exploitation aurait disparu tandis que l'échange continuerait à subsister.]

Article paru dans Alarme N° 4   AVR-MAI-JUIN 79

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Published by Article d'Alarme N°4 - dans Article d' Alarme N° 4
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