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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 23:10

 

Publié le 25 Novembre 2015 par Agustin Guillamon in théorie

Le défaitisme révolutionnaire

Hier:

Le défaitisme est une tactique politique ayant pour objectif de propager le découragement dans son propre pays par des communiqués ou des idées pessimistes quant à l’issue d’une guerre ou de toute autre entreprise. Le défaitisme révolutionnaire est impulsé par quelques minorités dans un pays en guerre contre leur propre gouvernement, avec le but de favoriser le mouvement révolutionnaire. Il s’oppose résolument à l’union sacrée, c’est-à-dire, à l’unité nationale de toutes les classes avec le seul but d’obtenir la victoire de la "Nation" sur l’ennemi.

 

Le défaitisme révolutionnaire rompt avec cette union sacrée entre classes et lutte contre sa propre bourgeoisie afin de parvenir à la défaite de sa propre nation. Il n’y a pas d’autre horizon que l’internationalisme, la paix et la révolution sociale.

Bien qu’il ait déjà été utilisé de façon sporadique pendant la guerre franco-prussienne de 1870, le terme a été popularisé pendant la première Guerre mondiale, en tant que proposition des révolutionnaires de lutter contre son propre gouvernement au nom de l’internationalisme prolétarien, afin de parvenir à une issue révolutionnaire en mesure de mettre fin à la guerre. Il a obtenu un certain succès en Russie, Allemagne, Italie, Hongrie, Roumanie ... et à l’été de 1917, a sérieusement menacé l’armée française, avec des émeutes de régiments entiers et des désertions en masse. Clemenceau, Pétain et le haut-commandement militaire firent de petites réformes en recourant, en même temps, à l’exécution sélective, décimant les régiments insurgés contre leurs propres commandants.

 

A l’automne 1917, les soldats sont revenus à l’obéissance, pleins de haine et de ressentiment contre leurs officiers et les hommes politiques, bien qu’ils aient obtenu que la stratégie de l’État-Major abandonne les grandes offensives et leurs conséquences sanglantes pour une guerre de tranchées simplement défensive.

 

Mais la tactique du défaitisme révolutionnaire a démontré en France son incapacité à mettre fin à la guerre ou à déboucher sur des insurrections révolutionnaires.

 

Pendant la guerre civile espagnole, il y a eu quelques tentatives d’application du défaitisme révolutionnaire. La plus importante était celle promue par Bilan et Les Amis de Durruti. Bilan a appliqué un défaitisme abstrait et idéaliste, entre autres parce qu’ils n’avaient pas la capacité d’intervenir ou d’influencer un minimum la classe ouvrière espagnole.

 

Il ne faut pas mépriser ou ridiculiser les thèses ou les positions théoriques de la Fraction, mais on devrait se poser la question de la nature marxiste de celles-ci, car un marxisme critique sans la capacité opérationnelle d’intervenir dans la réalité sociale et historique n’est pas du marxisme : c’est de la philosophie.

 

Ceux qui sont obsédés par la défense opiniâtre de Bilan tombent dans l’idéalisme, déjà fustigé par Marx dans la thèse 11 sur Feuerbach.

 

La Fraction italienne de la Gauche communiste, publiait Bilan en français et Prometeo en italien, considérait que la guerre civile espagnole était une guerre impérialiste entre la bourgeoisie démocratique et la bourgeoisie fasciste.

Les mots d’ordre de Bilan sur le sabotage de l’industrie de guerre, la fraternisation sur le front avec les fascistes, de ne prendre parti pour aucune des bandes impérialistes en lutte, etc., étaient des mots d’ordre abstraits, idéologiques et dans la pratique réactionnaires, dont le principal défaut était son inefficacité, son incapacité à les transformer en action concrète : ils étaient sans valeur. Mais, oui, c’étaient des thèses théoriques très brillantes, qui avait l’air très bien dans les pages de Bilan.

 

Son application pratique, absolument impossible pour le petit groupe d’étrangers de la Fraction, sans aucune influence sur la classe ouvrière barcelonaise ou catalane, était réactionnaire parce qu’elle impliquait la collaboration avec les fascistes et les aidait à rompre le front républicain, ouvrant les portes à l’armée de Franco.

 

Bilan a fait la seule chose qu’il pouvait faire: défendre ses positions sur le papier. Ceux qui ont mis en pratique un défaitisme révolutionnaire dévastateur et actif ont été Les Amis de Durruti. Le fondement même de l’Association des Amis de Durruti a pris naissance comme point final d’un processus de défaitisme révolutionnaire : Le 20 octobre, 1936, a été décrétée la militarisation des milices, qui devait prendre effet le 1er novembre.

Les miliciens de la Fraction décidèrent de quitter le front parce qu’ils considéraient que la guerre civile espagnole s’était transformée définitivement en une guerre impérialiste. Les différentes colonnes anarchistes, comme dans tant d’autres domaines, ont résisté plusieurs mois à l’application de ce décret.

 

Le rejet de la militarisation des Milices populaires a créé un sérieux malaise dans différentes unités de miliciens libertaires, qui se concrétisa lors de la réunion plénière des colonnes confédérales et anarchistes réunie à Valence du 5 au 8 février 1937. Pablo Ruiz y a participé en tant que délégué des miliciens de la Colonne Durruti de Gelsa secteur réticent à la militarisation, et les frères Pellicer comme représentants des miliciens de la Colonne de Fer. Dans le quatrième groupe de la Colonne Durruti, dans le secteur Gelsa, se développa une désobéissance ouverte aux ordres reçus des Comités régionaux de la CNT et de la FAI pour qu’ils acceptent la militarisation.

 

L’hostilité entre les miliciens de la Colonne Durruti qui acceptaient la militarisation, et ceux qui la rejetaient, a créé de graves problèmes, qui étaient sur le point de provoquer un affrontement armé, et qui a été canalisée à travers la création d’une commission de la Colonne, dirigée par Manzana, qui a soulevé la question au Comité régional. À la suite de ces discussions, il a été décidé de donner à tous les miliciens la possibilité de choisir, dans un délai de quinze jours, entre deux alternatives : l’acceptation de la militarisation imposée par le gouvernement républicain, ou l’abandon du front.

 

Pablo Ruiz, délégué du quatrième groupe de la Colonne Durruti à Gelsa dirigeait environ 800 miliciens qui ont décidé, en dépit de toutes les pressions, d’abandonner le front, en emportant les armes, pour descendre à Barcelone et fonder une organisation révolutionnaire pour s’opposer à l’abandon constant des principes anarchistes et à la contre-révolution en cours. Ces miliciens ont été à l’origine de la fondation du Regroupement des Amis de Durruti. En mai 1937, le Regroupement avait imprimé cinq mille cartes de militants ; quatre cents d’entre eux ont lutté sur les barricades contre les républicains et la gauche socialiste et stalinienne.

 

Le Regroupement des Amis de Durruti a été officiellement créé le l7 mars 1937, bien que ses origines remontent à octobre 1936. L’"Agrupacion" se situe au confluent de deux courants majeurs : l’opposition des miliciens anarchistes de la Colonne Durruti à la militarisation des Milices populaires, et l’opposition au gouvernementalisme, qui a trouvé sa meilleure expression dans les articles de Jaime Balius (mais pas seulement de Balius) dans Solidaridad Obrera, de juillet à novembre 1936, dans Ideas, à partir de décembre 1936 jusqu’à avril 1937, et dans La Noche, de mars à mai 1937.

 

Les deux courants, le "milicien" rejetant la militarisation des Milices Populaires, représenté par Pablo Ruiz, et le «journalistique» critique du collaborationnisme gouvernemental de la CNT-FAI, dirigée par Jaime Balius, s’opposaient à l’idéologie opportuniste et collaboratrice de la Confédération (qui a servi d’excuse à l’abandon des principes caractéristiques et fondamentaux de l’anarchisme), incarnée avec des nuances différentes, par Federica Montseny, Juan Garcia Oliver, "Diego Abad de Santillán" ou Joan Peiró, entre autres.

 

Le défaitisme révolutionnaire des Amis de Durruti était quelque chose de très concret et réel, et donc révolutionnaire; en comparaison, le défaitisme abstrait et idéaliste de Bilan était inutile ou verbeux, et donc réactionnaire.

 

L’indigence de Bilan était telle qu’il a toujours ignoré qui étaient et que faisaient Les Amis de Durruti: de Paris tout était théoriquement parfait et il était très facile de pontifier dans de beaux articles sur des événements et des choses qui étaient très lointaines et étrangères.

 

Il n’y a là aucun doute, aucune nuance: Les Amis de Durruti mirent en pratique l’un des épisodes de défaitisme révolutionnaire les plus remarquables de l’histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire: 800 miliciens ont quitté le front d’Aragon, les armes à la main, pour aller à Barcelone avec l’objectif de lutter pour la révolution fondant un groupement des Amis de Durruti qui, en mai 1937, a tenté de donner une orientation révolutionnaire au soulèvement des travailleurs contre le stalinisme et le gouvernement bourgeois de la Generalitat. Ce fut ainsi, cela s’est passé ainsi. Les militants de la Fraction, à Paris, se sont contentés de pontifier dans des articles publiés dans Bilan et Prometeo, avec un succès variable, sur cette insurrection lointaine et étrangère.

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il y eut très peu de cas de défaitisme révolutionnaire, parce les masses ont été aveuglées par le choix entre la démocratie et le fascisme face à l’alternative révolutionnaire entre le capitalisme (fasciste ou démocratique) et le communisme. Alternative communiste qui, de plus, apparaissait déformée de manière grotesque par le despotisme stalinien.

 

Seules de petites minorités, presque sans influence sociale réelle, lancèrent des mots d’ordre de transformation de la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire.

 

Parmi ces minorités, se détachait le Groupe espagnol de la Quatrième Internationale au Mexique, qui dans le magazine Revolución, édité au Mexique, publiait les articles de Munis et de Benjamin Péret sur la guerre impérialiste, dénonçant les massacres des bombardements allemands sur Londres, les bombardements américains sur villes allemandes, ou le nationalisme réactionnaire étroite de la Résistance française.

 

Un autre exemple notable furent le Juif autrichien Georg Scheuer et le groupe RK (Communiste-Révolutionnaire), qui a pratiqué le défaitisme révolutionnaire parmi les soldats allemands de l’armée hitlérienne, avec des tracts et de la propagande appelant à la désertion de l’armée allemande d’occupation, en France.

 

Leurs actions dépassent l’imagination débordante d’un roman d’aventures. Comme Juifs germanophones dans la France occupée ils avaient besoin de papiers d’identité falsifiés, et pour cela, ils falsifiaient les documents de mutilés de guerre, car de cette manière ils obtenaient des billets de train moins chers. Une militante du groupe étant séquestrée par la Gestapo dans un hôpital français, le groupe se déguisa en commando de la Gestapo, effraya les gardes fascistes de Vichy et la libéra sans tirer un coup de feu. À la Libération de Paris, en août 1944, Scheuer a participé à la grève avec occupation et autogestion de l’usine Renault, possédée par un collaborateur de premier plan, mais la tentative révolutionnaire a lamentablement échoué face au poids écrasant de la restauration capitaliste.

 

 

Le défaitisme révolutionnaire

Aujourd’hui:

 

Dans le cadre de la guerre de classe en cours, le défaitisme révolutionnaire se déroule sur cinq fronts :

 

1. Celui des armées nationales opérant dans d’autres pays pour de soi-disant missions de paix. Quels intérêts défendent-elles si ce n’est ceux du capital financier international ? Quelle paix peuvent apporter des légionnaires, des policiers, des mercenaires et autres?

 

2. Derrière l’invention ou l’exagération de la menace terroriste antisystème ou islamique se cache le développement d’une offensive politique et militaire contre toutes les libertés et les droits démocratiques dans les pays occidentaux. A moyen terme, les coupes sociales et les libertés sont incompatibles.

 

Les différentes lois liberticides et anti-terroristes sont le début d’un chemin qui mène vers un autoritarisme politique sans limites, ce qui conduit à des dictatures plus ou moins camouflées sous d’innocentes fioritures démocratiques et des élections pour un choix entre le mauvais et le pire.

 

3. Les interdictions étatiques des migrations sont des massacres de masse et une parodie pour les réfugiés politiques.

4. La guerre sociale contre les marginalisés, les chômeurs et les précaires prend aujourd’hui la forme d’une guerre de l’État contre les secteurs les plus défavorisés de leurs populations, qui a ses champs de bataille dans les quartiers et les ghettos.

 

5. La tactique défaitiste signifie aujourd’hui la dissolution de toutes les armées, de toutes les polices, de toutes les frontières, de tous les États, comme seule solution de survie pour tous ceux qui n’ont aucun pouvoir de décision sur leur propre vie et qui subissent la farce de quelques élections dans lesquelles on élit quelques représentants qui ne peuvent rien faire d’autre, quelle que soit leur volonté, que renforcer le système et appliquer sa logique destructive et antipopulaire au profit des multinationales et du capital financier.

 

Agustín Guillamón, 20 nov. 2015

[traduction de l'espagnol]

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Published by Agustín Guillamón - dans Internationalisme
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