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Utilise les tracts et les articles de ce blog, ils ne sont la propriété de personne, ils ne font que refléter  les positions  d'une classe qui vit, qui lutte pour supprimer sa propre condition de salariée. Diffuse ces textes, discute-les, reproduis-les. 

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 21:45

                                               FAUSSE TRAJECTOIRE DE REVOLUTION INTERNATIONALE (C.C.I.)

 

Révolution Internationale est un cas particulier dans la mosaïque bigarrée des groupes qui se proclament révolutionnaires. Si sa particularité se devait aux recherches théoriques il mériterait des éloges mime sans accord. Mais non ! ce qu'il a de plus particulier réside dans sa faiblesse théorique -erreurs et bêtises à part- élevée par lui-même au sommet de la créativité idéologique contemporaine. Aucune autre tendance n'a eu le toupet de jauger les autres comme il l'a fait, quand il ne les anathématise pas d'un froncement de sourcils pontifical. Aucune sinon la sienne et son cérémonial Courant Communiste International ne se tient pour talisman secret du prolétariat pour et jusqu'à la consommation des siècles révolutionnaires. Amen.

En soustrayant sa valeur réelle de ses plus réelles présomptions, il reste un paquet de connaissances marxistes souvent utilisées à tort et à travers, auxquelles s'ajoute un volume énorme de vide pédanterie.

Les faits et les paroles sont là. L'accumulation de bévues vient de loin. Déjà les ancêtres immédiats de RI pronostiquèrent, lors de la guerre de Corée, l'imminence du troisième conflit militaire mondial. Et pour "sauver les cadres", ils prirent la clé des champs vers de lointaines terres d'étude; Idem à la veille de la fondation-de RI. La boucherie du Vietnam -assuraient-ils sans vaciller- irait en entassant des cadavres et en s'aggravant pour se convertir en déflagration impérialiste généralisée. Ils en étaient d'autant plus convaincus, qu'à ce moment-là le capitalisme traversait une de ses dépression et que selon leur compréhension du marxisme le système déchaînerait la guerre pour se débarrasser de la crise, détruire des richesses et s'offrir une autre période d'affaites en reconstruisant ce qui avait été détruit. Le commentaire est de trop.

Les événements de Mai 68 furent salués avec applaudissements comme prometteurs d'une prise du pouvoir à brève échéance, fruits de la crise de surproduction, à leurs yeux déjà en herbe et d'extension certaine. De retour en France, quelques-uns des cadres sauvés, avec certains rejetons à leurs côtés et 15 ans de méditation,,» leur actif, coururent sans vaciller discuter de la bonne marche révolutionnaire ... avec les situationnistes. Ils n'entrevirent rien de mieux et dédaignèrent froidement ceux qui critiquaient leur mollesse. Une réussite après l'autre peut-on dire brièvement en parlant par antiphrase.

Feu après, dans l'un de ses premiers numéros, RI fait une galipette conseilliste et commence tout de suite à installer, une brindille après l'autre, la nichée qu'on lui connait où couve la conscience (et la science, nom de Dieu!) du prolétariat mondial, dans l'attente de pouvoir la lâcher à travers ses mondes aliénés,

La conception de ce moment que RI s'est façonnée est l'essentiel de sa raison d'être et également cause de la trivialité matérialiste qui, si souvent, l'a amené à rater complètement son coup. La crise de surproduction qu'il prédit depuis 10 ans et plus troublera le monde, mettra en tension insurrectionnelle le prolétariat victime de celle-ci et alors la conscience révolutionnaire, c'est-à-dire RI, abandonnera son nid pour descendre dans la rue, d'humeur agitative, et être assimilée par les masses jusqu’ alors incapables de cela. Ceci n'est pas une caricature, mais la réduction synthétique -et exacte de la pensée ici commentée. Four RI, la crise de surproduction est le "Sésame, ouvre-toi" du devenir historique. Hors de celle-ci, RI ne voit que continuité du capitalisme, suivisme moutonnier du prolétariat, et résignation marginale pour sa part. Les démentis que l'expérience lui a fait encaisser à plusieurs reprises ne l’'ernpêchent pas d'aller de l'avant sans modifier son idée ni même freiner sa parlotte sur la crise et la conscience révolutionnaire. D'un fourvoiement après l'autre, les grèves sauvages survenues dans divers pays ont été considérées comme prélude d'une nouvelle période révolutionnaire-, toujours grâce à la crise.

En dépit de toutes ces grèves, dont l'importance réelle  résidait dans leur anti-syndicalisme naissant et qui retournèrent d'elles-mêmes ou furent attirées au bercail syndicaliste, un numéro de Révolution Internationale du début 1971 exultait : "SALUT A LA CRISE!" Sous-entendu salut à la révolution imminente. Et en conséquence, lorsque le dictateur portugais Caetano, continuateur de Salazar, s'en alla à la hâte, RI, avec sa traine  de cérémonie et en compagnie d'autres groupes dont le PIC, lança une proclamation dont le titre strident épuise le contenu : "Au Portugal, le capitalisme mondial fait face au prolétariat mondial". Ni plus, ni moins. A Lisbonne prenait son envol le processus d'achèvement des siècles révolutionnaires que les membres- de RI se sentent destinés à diriger.                                         

La bévue apparaît d'autant plus énorme que, quatre ans après, on pourrait la croire de pure invention. Mais le texte circule par là en plusieurs langues.

En mettant une telle énormité en parallèle avec ce que RI continue de répéter lourdement à propos de l'Espagne de 1936, par pur aveuglement héréditaire bordiguiste, on obtient la. valeur exacte de ses appréciations historiques et de son aptitude théorique générale. Ci-dessous la simple énonciation des faits ; en Juillet 36, le prolétariat détruisit en combat l'armée nationale espagnole, la dissout, et automatiquement tombèrent entre ses mains, armes, économie et pouvoir, ce dernier étant dispersé en de multiples comités- gouvernement. Au Portugal, l'armée nationale, officiers et chefs colonialistes en tête, s'accorde le pouvoir, donne son passeport à Caetano et aux exploités des œillets pour l'acclamer. Mieux -encore, en Espagne le prolétariat défendit centimètre par centimètre sa révolution, jusqu'à l'insurrection anti-stalinienne de Mai 1937 et même après. Au Portugal  tout commence par un son de clairon et finit par un son de clairon. Arrêté de RI : en Espagne il n'y a pas eu de révolution, mais antifascisme bourgeois, tandis qu'au Portugal débute une nouvelle vague révolutionnaire internationale.

Il est important de préciser que le stalinisme nia également la révolution en Espagne non pas avec des mots que le vent emporte, comme RI, mais avec tout le poids de ses armes et de sa scélératesse policière, calomniant et assassinant au bénéfice de 1 'antifascisme capitaliste. Par contre, le même stalinisme a parlé de révolution au Portugal, car sa règle de conduite est de nier la révolution là où elle existe (lire la combattre) et de parler d'elle là où elle est absente. Mais cette règle, qui date d'avant 56, joue encore à cache-cache avec les investigations théoriques de RI.

Après une si exceptionnelle séquence de bévues (et quelles bévues!) ça n'étonnera personne qu'en matière de théorie générale ses défenseurs s'égarent dans leurs propres méandres, sans que pour autant leur prétention ne diminue. En effet, qu'il s'agisse du pourquoi les syndicats sont réactionnaires, des conditions d'une future reprise révolutionnaire ou de l'appréciation de la période historique que nous vivons, ou bien ils ne trompent du tout au tout, .ou bien ils en restent à une approximation gauche.

D'après leur compréhension, les syndicats sont réactionnaires parce qu'ils n'ont cessé d'être réformistes et c'est le réformisme qui est devenu réactionnaire à notre époque. D'autre part, cette transformation se doit à la supposée incapacité absolue et définitive du système capitaliste de concéder quelque chose de durable au prolétariat. Voilà pressé jusqu'à la dernière goutte tout le jus théorique de RI dans ce domaine. Et qu'ils ne viennent pas se plaindre que leur pensée est ici schématisée. Le schéma d'une analyse vraie contient sa valeur entière et la rehausse même ; dans le cas contraire, celui d'une analyse fausse, il met son inconsistance en relief. Ainsi, le schéma : "Les philosopher ont interprété le monde, maintenant il s'agit de le transformer", présente dans la forme la plus pure et concise un monde d'idées et de possibilités.

La confusion entre concessions du capitalisme au prolétariat et réformisme est inadmissible chez un groupe qui a tant de prétentions théoriques. ALARMA (seconde série n° 26 à 27) a eu l'occasion de la dénoncer. Mais il est nécessaire ici d'en reparler succinctement parce qu’elle est étroitement attachée à la perspective globale de RI.

Les trois propositions contenues dans son anti-syndicalisme sont fausses, et la relation entre elles tirée par les cheveux. En effet, les syndicats ne furent jamais réformistes car le réformisme est la conception évolutive de la réalisation du socialisme, pas 1es concessions que peut faire le capitalisme de plein gré ou contraint par le prolétariat. Ceci a toujours existé car c'est une conséquence du jeu entre l'achat et la vente de la force de travail, pilier du système. Pour sa part, le réformisme à proprement parler, par son propre énoncé, nie la révolution et donc fut toujours réactionnaire vis-à-vis de cette dernière. Aujourd'hui le réformisme est absent de la scène mondiale. Non pas parce que les concessions: au prolétariat sont devenues impossibles mais pour des raisons beaucoup plus sérieuses.

                                                                                                                             La banqueroute du réformisme s'avéra complète entre les deux guerres et dans la pratique ce révéla par de sales combines avec le capital. En même temps, la solidarité politique fondamentale entre eux se transformait, pour le premier, en complète appartenance au second en tant que système. Se processus était accompli avant, le commencement de la seconde boucherie impérialiste qui devait voir s'implanter un facteur nouveau qui pointait depuis un certain temps et auprès duquel l'ex-réformisme fait mine d'apprenti. Il s'agit de la Russie en tant que grande puissance capitaliste, et de ses partis hors du pouvoir en tant que soutiens du système partout et surtout consciemment orientés vers le capitalisme d’Etat baptisé socialisme. Le réformisme a été réformé par l'évolution du système dont il attendait la mort précisément jusqu'à ce que celui-ci l'incorpore comme simple appendice. Par contre, les partis pseudo-communistes (à proprement parler staliniens) prennent directement leurs racines dans le capitalisme d'Etat. Ils n'ont rien de réformistes, ni même de libéraux bourgeois. Le cours démocratique, évolutif, national vers le socialisme dont ils se gargarisent tant est une pure feinte de leur préméditation réactionnaire.

Or, la consolidation et l’énorme élargissement du capitalise depuis la dernière guerre à nos jours a pour cause première et principale cette matérialité Russo-stalinienne. Elle- même engendre d'autres aberrations telles la prolifération de mouvements nationalistes, les matamores de telles, ou telles "brigades", et par répercussion d'autres narcotiques, les uns fumables ou injectables, las autres vide-cerveaux et esquinte-sexes. Mais ce n'est pas le lieu de traiter ici ce qui n'est pas an relation directe avec la pensée de RI.

RI se méprend sur  la croissance industrielle des dernières décennies parce qu'il ne réussit pas à l'interpréter. Son enchaînement : guerre-reconstruction-crise-guerre est aussi simpliste que faux. La reconstruction était achevée au commencement des années 50. A partir de là, il y a eu nouvelle croissance quantitativement supérieure à l'échelon le plus haut de l'entre-deux-guerres. Et il y a eu aussi, amélioration du niveau de vie matérielle de la classe ouvrière, ce qui n'exclut pas mais conditionne une paupérisation relative très accentuée. Dit d'une autre façon, à l'augmentation de la masse du capital correspond une augmentation de la masse salariale et de chaque salaire individuel, bien que la disproportion entre l'une et l'autre s'agrandisse au fur et à mesure de la productivité moyenne par heure/homme. Précisément, dans une semblable croissance dirigée du système, s'encastre la nature réactionnaire des syndicats. Leur fonction dans la vente de la force de travail est passée, tout comme la croissance capitaliste, de spontanée ou anarchique, à dirigée, c'est-à dire qu'elle n'est plus mise en pratique et considérée par eux sous l'angle du prolétariat dans le capitalisme, pour être considérée exclusivement sous l'angle du capitalisme qui englobe le prolétariat et a besoin de lui. Lés syndicats ont cessé d'être des collaborateurs pour devenir une partie intégrante du système, de la même manière que le capital variable ou masse salariale constitue, avec le capital constant, l'unité fonctionnelle exploiteuse.

Il n'est pas moins faux d'affirmer, comme le fait RI jour après jour, que le capitalisme est incapable de concéder des améliorations stables au prolétariat. L'évidence du contraire saute aux yeux s sécurité sociale, logement, congés payés d'un mois ou plus, scolarisation, automobiles, radio, télévision, etc., ne seraient pas des concessions ? Il pourrait en venir d'autres et de meilleures, concédées en l'honneur de la productivité ou pour dévier une lutte, mais toujours en avantageant le système, ou bien pour lai permettre de résister à de graves attaques du prolétariat, non des syndicats. Un économiste et sociologue bourgeois, Fourastié, a démontré il y a 14 ans, que travailler 50 heures par semaine avec du pain gratuit à discrétion était réalisable sans transgresser le système (dans "les 40 000 heures"). La dénégation absolutiste de Révolution Internationale provient de ne pas avoir compris que le système fera autant de concessions petites ou grandes, inoffensives ou dangereuses pour lui, qu'il lui faudra pour se réaffirmer ou simplement pour sauver son existence. La nature même du capitalisme et de ses syndicats l'exige. Ainsi donc, quelque soit les concessions que puissent obtenir les syndicats cela aggravera l'emprise du capital sur le travail, ou bien elles seront faites pour sauver le système d'un péril mortel. Telle est la manière suivant laquelle s'enchaîne avec le système le caractère réactionnaire des syndicats et vice-versa. L’évidence de ceci est d.'autant plus grande que toutes les conditions pour entreprendre 1'organisation du communisme sont mures et archi-mûres. Mais cela ne semble pas suffire à la veine théorique de RI. Il lui faut un prolétariat désespérément affamé pour le considérer susceptible d'une attitude révolutionnaire. RI identifie croissance industrielle et développement capitaliste et ne localise la décadence que dans la banqueroute générale et définitive, ce qui équivaut à dire, dans l'impossibilité que les affaires continuent d'être des affaires ou en redeviennent. Il s'est confectionné une espèce de mixture entre la décadence et la crise de surproduction comme état permanent et en aggravation constante, de laquelle RI espère l'irrigation de la conscience prolétarienne. Primitivisme matérialiste apparenté à l'idéalisme. Ce n'est pas pour leur envier leurs exactitudes.

A l’inverse, tout ce qui est subjectif dans la marche vers  la révolution et dans la révolution même, RI le taxe de subjectivisme et de volontarisme, c'est-à dire de substitution du vouloir à la réalité de l'être, de l'idéalisme au matérialisme. Il ne semble  pas s'être rendu compte que la subjectivité est seule susceptible de saisir tout ce qui est objectif et d'en tirer parti, qu'il s'agisse de la matière inorganique ou de ce dont il s'agit ici, à savoir, l'histoire dans son actuel moment crucial. En conséquence, RI s'installe dans sa propre littérature en lançant- des dards ici ou là, dans l'attente qu'une crise de surproduction lui fasse le présent d'une période révolutionnaire. Les grande canonisés chrétiens ne sont pas les seuls à léviter en extase.

En résumant, les syndicats ne sont pas réformistes mais des organes du capital et pour le capital ; le capitalisme, et donc ses syndicats, peuvent, oui ! Faire des concessions au prolétariat (dans le sens de changements ou d'avantages, non dans le sens  réformiste de marche évolutive vers le socialisme). La nature actuelle des syndicats est due à leur fonction-même auprès du capital variable comme partie du capital total et tendant à.la copropriété de celui-ci là où ils apparaissent comme quelque chose d'encore distinct. Mais le matérialisme de RI, on l'a déjà vu, est rigide comme un caillou. Il ne tient pas compte que le prolétariat est historiquement révolutionnaire de par sa qualité de classe salariée, dans cette société qui met en jeu des moyens scientifiques très raffinés aggravant sa condition, et non parce que les pannes de valorisation du capital privent de salaire une .grande partie de ses membres. C'est pour cela que la relation entre ses propositions et la motivation révolutionnaire de la classe ne tient pas debout. Par conséquent, elle est fausse. Ses nombreux textes sur la crise tournent invariablement le dos à ce qu'écrivit Marx à Engels dans une lettre du "19/08/52" le comble du malheur pour les révolutionnaires est de se préoccuper du pain des gens Aujourd'hui, ce comble est devenu une menace mortelle, car le jour où les principaux pays industrialisés auront 80, 100, 150 millions de chômeurs, ce seront les contre-révolutionnaires qui poussent au capitalisme d'Etat qui procureront le pain quotidien, moyennant les très connues pelle et pioche. Hitler absorba ainsi 10 millions de chômeurs peu après son accession au pouvoir, Staline consolida sa contre-révolution de la même manière et Roosevelt sauva de la banqueroute le capitalisme américain en mettant en jeu la première expérience dirigiste.de l'occident, avec syndicats subventionnés et à sa botte : C.I.O, A.F.L.

RI dédaigne les évidences du passé et celles d'aujourd'hui, visibles aux yeux les moins avertis, en recourant aux inventions qu'il a l'habitude de nous servir en matière d'élaboration théorique. Lors de la grande crise de surproduction, en 1929-30 et les années suivantes, le prolétariat mondial était vaincu -prétend-t'il-, la contre-révolution régnait sans entraves, alors qu'aujourd'hui ... aujourd'hui nous respirons la brise matinale d'une situation pré-révolutionnaire qui deviendra révolutionnaire lorsque la crise - encore une fois ! - se décidera à intervenir.

Première invention : que le prolétariat mondial ait été hors de combat lors de la crise en question. Il ne l'était même pas en Allemagne où il opposa à Hitler une activité obstinée en dépit du sabotage effectué par le parti pro-russe qui avait pour ordre secret d'empêcher le combat révolutionnaire. Encore lorsqu’Hitler fut nommé chancelier du 2ième Reich, éclate la grève générale à Berlin, instantanément taxée de provocation par les dirigeants "communistes". En 1931 entre en jeu le prolétariat espagnol qui multiplie les grèves générales, non plus économiques mais politiques ; degré suprême de ces grèves, il produit une grève insurrectionnelle dans tout le pays en 19-54 et prend le pouvoir dans les Asturies. Il revient à la charge en 1936, triomphe de l'armée et de la police les armes à la main, les dissout et prend des mesures de caractère socialiste auxquelles n'a jamais accédé la révolution russe en dépit de la prise du pouvoir par les soviets. Le prolétariat autrichien se-battit également en 1934, allant jusqu'à l'insurrection. Entre 1934 et 1936, le prolétariat français était en lutte, occupant les usines, d'où il fut délogé par- Thorez-Blum. En 1937, le prolétariat espagnol se jette contre le stalinisme dénoncé comme la contre-révolution capitaliste d'Etat, et le bat arme contre arme (journées de 'Mai 37 en Catalogne). C'est le point le plus  élevé de la lutte de classe mondiale depuis Octobre Rouge. En arrêtant ici 1'énumération où, et quand, RI a-t'il vu une agressivité prolétarienne généralisée et presque simultanée d'un élan plus grand ? Mais RI semble se préoccuper des faits comme de sa dernière chemise. Il n'a vu en eux qu’anti-fascisme bourgeois et paramilitaire. Aberrante coïncidence avec les falsifications de la propagande stalinienne dans toutes les langues et avec ses plus profonds intérêts capitalistes, qui permirent au stalinisme, après avoir -laissé le chemin libre à Hitler, de détruire lui-même, et non en qualité d'agent bourgeois, la révolution communiste en Espagne.

Seconde invention : la prétendue situation pré-révolutionnaire actuelle, à moins que l'on ne donne au "pré" une temporalité aussi étendue qu'indéfinie, auquel cas on aurait pu dire la même chose il y a ans. Jugeant le présent comme jugeant le passé, II se désintéresse des événements concrets, obsédé par ses inventions préalables ou par ses caprices. Démonstration du fait que le volontarisme peut se réfugier également dans les ‘groupes attentistes - peut-on dire - comme dans les activistes. Les symptômes prémonitoires, pour 31, sont les grève» plus ou moins incontrôlées par les syndicats qui ont lieu dans divers pays, les événements de Pologne, n'oublions -surtout pas ceux du Portugal, peut-être les grèves d1 Espagne et surtout et avant tout, le Deus ex Machina de sa conception : LA CRISE, le dénouement de ces grèves a fini par être déterminé par les syndicats, sauf dans quelques prometteuses exceptions; et en Pologne, les conseils ouvriers passèrent de la première fougue de rébellion à la soumission au gouvernement et aux syndicats  en fraternité autogestionnaire. On ne peut déduire de telles actions que la classe ouvrière soit en lutte, animée d'un esprit anti-capitaliste même nébuleux, marque caractéristique d'une période pré-révolutionnaire.

 

D’autre part, une telle situation pourrait de présenter subitement, sans s'annoncer et indépendamment la conjoncture capitaliste, provoquée par de puissantes causes sous jacentes dans  la situation mondiale. La première des causes, cause objective, réside dans le gigantisme capitaliste qui inspire une répulsion chaque fois plus croissante et plus nette au prolétariat et aux autres couches travailleuses de la population. Une autre  de ces causes se trouve dans les conditions de travail, consommation et vie, imposées par le capitalisme dit d'abondance, en plus de l'équilibre de la terreur. La troisième cause complémentaire des précédentes, est subjective et pour cela-même très importante. En effet, dans la conscience de la classe ouvrière, le leurre socialiste qu'était la Russie et avec elle tous les partis  “ communistes perd sans cesse de son crédit, beaucoup plus de ce qu'il ne paraît. Ce leurre fut la cause  principale  de la déroute de la révolution pendant la période antérieure ; son discrédit est ce qui ouvre de nouvelles et grandioses possibilités au prolétariat ; son démantèlement produira comme effet une lutte mondiale irrésistible. Mais les facteurs d'apparition  soudaine d'une situation révolutionnaire tombent hors du champ visuel des scrutateurs de RI.

En allant de l'avant, on est obligé de revenir au Deus ex Machina qui doit nous ouvrir les vannes d'une avalanche révolutionnaire et faire enfin des ouvriers des hommes majeurs et vaccinés, aptes à assimiler la conscience offerte par RI. A l'imitation des joueurs endurcis, les partisans de cette conception jouent tout sur la carte de la crise de surproduction. Si elle se produit - c'est leur croyance - le monde entrera en situation révolutionnaire ; si elle ne se produit pas : nouvelle bévue ajoutée aux antérieures. Ils se condamnent ainsi à tomber dans l'erreur dans les deux cas et particulièrement  si la fameuse crise entre en scène. Car alors la conscience du prolétariat se fermerait plus que jamais à toute chose  autre que  celle de gagner un salaire quelconque, quelque soit celui qui l'offre. C'est ce qui arrivera irrémédiablement, à. moins qu'une organisation révolutionnaire ait attiré la confiance d'une grande partie de la classe avant que ne se produise la crise. Or RI s'interdit lui-même l'activité susceptible d'acquérir cette confiance ; c’est un de ses principes théoriques. De toute façon, les marchands de chair humaine exploitable trouveraient un terrain propice pour jouer le rôle de sirènes avant de se démasquer comme des sbires policiers.

Lorsque RI parle de crise, il joue l'équivoque entre deux sortes de crises totalement différentes : celle de surproduction et la crise de décadence de tout le système de civilisation actuelle. De  fait, il se représente l'une et l'autre imbriquées, et même soudées entre elles. Mais par précaution  quant à son incessante et vaine prédiction de l'imminence de la première, il ajoute qu'elle sera lente. Dix ans ont passé depuis ses premières prophéties, autant d'années qu'entre deux crises de surproduction dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Une lenteur semblable s’appellent immobilité dans n’importe qu’elle langue.

En effet ; troisième invention : une telle crise n'existe pas, puisque 1a production continue d'augmenter, à un rythme ralenti certes, mais aussi avec un nombre inférieur de salariés. Lee marchandises produites non seulement se vendent et réalisent la plus-value, mais elles se vendent plus cher qu'avant. Le contraire est inséparable de la surproduction. Pau ailleurs, de nouveau» capitaux continuent d’être investis tandis que d'autres sont déplacés vers des secteurs différents ; par contre, la surproduction amène le démantèlement de fabuleux capitaux et le retrait de la circulation monétaire, c'est-à dire déflation au lieu d'inflation. "Ce qui a lieu lors d'une crise de surproduction est justement qu'on ne peut plus vendre ou que l'on doit vendre en-dessous du coût de production, et même à perte." Et, "Destruction du capital par la crise signifie également dépréciation de masses de valeur qui empêche la rénovation adéquate du processus de reproduction du capital.

 

C'est la chute ruineuse des prix des marchandises"."Les usines ferment, les matières premières s'entassent, les produits finis s'accumulent à cause de leur abondance excessive sur les marchés ... la consommation se paralyse". On devine qui parle. Il était nécessaire de citer K .Marx dans l'espoir, certainement vain, de clouer le bec aux parleurs qui oublient l'A.B.C.

Par contre, la crise de décadence définie par le F.O.R. comme crise de civilisation capitaliste, non seulement existe, mais elle est indépendante de n'importe quelle autre crise ou avatars internes du système ; que ce soit surproduction ou affaires exubérantes avec des millions et des millions d'ouvriers licencias ou avec le plein emploi et la rareté de la main-d’œuvre, cette crise s'approfondit et s'étend année après année, inexorablement. Elle n'est pas causée par la contradiction entre l'offre et la demande de marchandises, force de travail comprise, ni par une disproportion quelconque d'investissements entre les nombreuses branches du capital, pas plus que- par la migration de bénéfices à grande échelle vers tel ou tel autre secteur, moins encore par les embrouilles monétaires ou de paiements internationaux, Toutes ses contradictions internes, le capitalisme, durant sa période chaotique, les a résolu, elles ont réapparu, et il les a résolu à nouveau, au prix de crises de surproduction, c'est-à dire en détruisant ou esquintant une partie de lui-même et en jetant dans la sous-consommation et la misère des centaines de millions de travailleurs. Cependant  depuis lesplans quinquennaux russes et leNew-Deal yankee, ses économistes et gouvernants se sontmis à apprendre les lois qui régissent le mouvement du système.*

En se référant à elles, Marx disait  sarcastiquement : "les exploiteurs les ignorent, bien que leur intérêt serait de les connaître". Les choses ont changé. Précisément parce que ces messieurs les exploiteurs ne sont plus maintenant aussi niais dans ce domaine, aucune -véritable crise de surproduction n'a éclaté depuis l'avant-guerre à maintenant, ce qui ne veut pas dire qu'il soit impossible qu'elles se produisent car des facteurs impondérables existent et existeront, sur lesquels un pronostic exact est dérisoire, du côté des réactionnaire s comme du côté révolutionnaire.

Il est incontestable - chose importante à signaler ici - que le capitalisme a esquivé jusqu' aujourd'hui la surproduction en orientant le placement d'investissements, l'absorption par le marché, dans une certaine mesure, le partage mondial de bénéfices et sa propre expansion décroissante ou en augmentation. Nous sommes en train de vivre un d ces moments ces dernières années. Mais, sauf irruption révolutionnaire du prolétariat, la période de décroissance ou de récession ne fera pas autre chose que de déboucher sur une nouvelle croissance, ce qui arrivait avant lorsque chaque crise de surproduction se dissipait. En un mot, la fonction aveugle de ce genre de crise, c'est aujourd'hui le dirigisme ou la planification du capital qui la joue. Qu'est-ce que cela sinon 1'arrangement du système, en rapport avec la connaissance plus ou moins exacte de ses propres lois ?

Ce qui est dit permet de comprendre que la crise de décadence est provoquée par ces lois-mêmes et est accentués par son utilisation savante. Sans que cela puisse être daté avec exactitude, depuis les premières décennies du siècle, la croissance du capital d'effectue à 1'encontre du développement social, du propre développement social caractéristique du système, comprenez à l'encontre d'un plus grand épanouissement du développement humain. La civilisation de la marchandise n'était en condition, à cause de son propre caractère, que d'amener la société et chacun de ses membres à un degré de culture et de liberté déterminé par sa relation essentielle production et consommation, c'est-à dire capital et salariat, et de ses vicissitudes dépendantes. Pour cela, tout comme les civilisations antérieures, le capitalisme mourra de sa richesse, de la bassesse réactionnaire de sa richesse. Elle finira lapidée par la révolution communiste, ou bien rongée par sa propre gangrène. Les foyers de cette dernière se forment et se manifestent sur des personnes et des organisations, tout cela étant du au retard de la rupture de continuité communiste. Ils ressemblent et ressembleront chaque foi».d'avantage aux métastases d'un cancer non traité à temps et se révéleront d'autant plus nocifs qu'une bonne part de ces personnes et organisations "anti-impérialiste "guérillérisent", terrorisent, patriotisent, "théorisent", "démocratisent", féminisent, désexualisent et pédérastisent même au nom de la révolution. Loin de représenter une chose positive comme ils le prétendent, ils sont une émanation puante du système ; dans lequel nous vivons ; ils contribuent à sa gangrène et, les uns plus que les autres, se révèlent nocifs pour le bouleversement révolutionnaire.

Cela -même qui a permis le développement de la civilisation capitaliste jusqu'à son apogée, se transforme à partir de là en stimulant de sa décadence. Bien examiné, le  pourquoi est simple : parceque le capitalisme n'est pas un type d'organisation sociale humaine, mais au contraire repose sur l'oppression de classes, c'est-à dire qu'il est une organisation anti-humaine par essence et cela depuis son origine. Une fois épuisée, la marge d'amélioration consentie par sa propre armature sociale, au lieu d'une amélioration apparait une lente ou vertigineuse dégradation, selon les cas, qui laisse sans chair son squelette anti-humain.

Les symptômes de décadence, sociaux et mentaux, non seulement affectent les exploiteurs, mais aussi les faux révolutionnaires et, par rebond, les semi-révolutionnaires, bien avant qu’ils ni se manifestent comme symptômes de la décadence dans l'économie directement. Ceux-ci ne viendront que comme conséquence de l'aggravation des symptômes sociaux et mentaux, et on sous-entend faute de révolution. Il existe cependant, un aspect économique  sous-jacent, indirect, où ils se manifestent mais il n'est pas statistiquement mesurable. Nous faisons allusion à la permanence de la croissance industrielle basée sur la relation capital-salariat. De là émane tout autre symptôme. Ainsi donc ceux qui ne voient la décadence que dans la banqueroute de l'économie actuelle ; ceux qui ignorent la différence, énorme, entre la croissance industrielle du système et son développement, ignorent également  ce que signifie décadence et le contenu d'un développement social. Ils se condamnent, par conséquent, à se tromper complètement sur leurs prévisions parce qu’il y aura, répétons-le, croissance industrielle s'il n'y a pas révolution. La dernière croissance industrielle quantitativement la plus énorme eut lieu lorsque la décadence du système était nettement perceptible.

La pire des conséquences du matérialisme rudimentaire critiqué ici, c'est qu'il empêche la compréhension des solutions adéquates aux problèmes concrets du prolétariat, c'est-à dire celle de la révolution. Ses partisans en restent à des généralités et à des panacées, et en tant que groupe ils se placent en marge de la classe, voltigeant autour d'elle, en attendant que leur crise de surproduction donne, l'occasion de se poser. Révolution Internationale et le bordiguisme représentent le cas le plus patent de semblable aveuglement.

A ce stade, nous les révolutionnaires, nous ne devrions même pas mentionner l'origine économique de la crise. Nous nous y voyons forcés, d'autant qu'en plus de RI, beaucoup de groupes y compris des trotskystes, veulent cerner l'économique en chiffres de production qui ne seront palpables que par défaut révolutionnaire et dans un futur susceptible de se prolonger un siècle ou plus. Ceux-là mêmes sont imperméables aux manifestations sociales de décadence, comportements, idées et positions politiques qui précèdent le pourrissement d'un type de civilisation. Une fois de plus, la dialectique s'égoutte entre leurs statistiques et leurs syllogismes. Le capitalisme entra en décadence une fois qu'il eut créé les instruments de production et les désirs humains minimums pour donner cours à une autre civilisation supérieure. A partir de là, la décadence agit, non par impossibilité de croissance, mais par la croissance-même du capital à l'encontre du développement social, donc tératologique même dans ses aspects les plus scientifiques et apparemment intensifs (*). Là doit s'encastrer l'intervention des révolutionnaires, égrenant dans ses aspects partiels la transformation communiste, ces mêmes aspects que le prolétariat devra mettre en pratique une fois qu'il aura pris pouvoir, armes et économie. Hors de cela, tout ce qu'on pourra dire et écrire n'est que verbiage.)

 

(*) À ce sujet, voir "la crise de la contre-révolution russe, partie de la crise du capitalisme mondial" dans  La  brochure “ Parti-Etat, stalinisme,volution.  Aux éditions Spartacus 

Document : Ferment .Ouvrier .Révolutionnaire.

Pour le F.O.R. Continuité  

 

 

 

 

 

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