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Utilise les tracts et les articles de ce blog, ils ne sont la propriété de personne, ils ne font que refléter  les positions  d'une classe qui vit, qui lutte pour supprimer sa propre condition de salariée. Diffuse ces textes, discute-les, reproduis-les. 

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 18:53

Un système est en crise économique lorsqu'il n'est plus apte à remplir sa fonction économique ; la fonction économique du capital étant l'extorsion toujours plus grande de plus-value, le capitalisme n'est pas aujourd'hui en crise économique. En effet notre exploitation par les capitalistes fonctionne relativement bien pour eux, la plus-value extorquée augmentée sinon comment expliquer le fait que les forces productives continuent de croître [d’un point de vue mondial.]

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Un système est en crise sociale, en décadence, pour les révolutionnaires lorsqu'il a fini de remplir sa fonction sociale, lorsqu'il n'a plus de raison d'être; sociale. Or pour les communistes, le capitalisme ne peut avoir qu'une raison être sociale; la construction des conditions objectives, matérielles de sa destruction révolutionnaire consciente par une classe sociale, le prolétariat. Le capitalisme indépendamment d'une crise économique dans le cas de l’existence prouvée de cette dernière, est en crise de décadence depuis le début du siècle.

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En effet il a unifié le monde, il a créé un prolétariat potentiellement très puisant capable de l'abattre partout et d'en finir avec les sociétés inhumaines ?

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Il a développé les forces productives comme aucune société ne l'avait fait auparavant. Et c'est précisément ce niveau atteint par les forces productives que partira par la révolution et après la révolution socialiste une rapide marche vers communisme intégral. La première preuve de cette décadence nous l'avons à la fois avec la guerre mondiale (prouvant mondialement la brutalité d'un système mondial) et avec la vague révolutionnaire de 1917 à 1937. De la Russie à l'Espagne en passant par la Chine et l’Allemagne, le prolétariat montre qu'il est assez fort pour détruire le capitalisme mondial et bâtir sur ses cendres le communisme, le prolétariat donne la preuve pratique de la décadence d'un système n'ayant plus de raison d'exister. Le capitalisme bande toutes ses forces pour barrer la route au communisme,- à la seule société que représente le progrès, il devient donc entièrement réactionnaire.

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Croissance économique et développement social qui au 19eme siècle avaient fait une commune divergent et s'exposant, la croissance économique ne se fait plus ors qu'en rongeant, qu'en détruisant le développement social. En effet, le prolétariat naissant, malgré l’exploitation forcenée qu'il subissait, avait bénéficié socialement au 19eme siècle (entre autre grâce à ses luttes) de la croissance- économique capitaliste ; il a extrêmement forci, il a acquis relativement à situation antérieure, un peu de culture, de liberté, de possibilités nutritifs, et surtout il a pu s'exprimer en tant que classe indépendante ayant des intérêts propres face à l'exploitation de l'homme par l'homme. Depuis que le prolétariat a montré qu’il était une force révolutionnaire internationale capable de détruire le capitalisme, ce dernier n'ayant plus aucune raison d'être se maintient artificiellement ««péchant par là même le passage révolutionnaire à un type de société réellement humaine permettant un réel développement social. Le capitalisme pêche ce passage révolutionnaire par l'anéantissement et l’écrasement du prolétariat qui n'est classe révolutionnaire qu'historiquement de par sa place dans les relations de production.

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Mais pour écraser le prolétariat, il faut de nouveaux organismes spécialisés cette tâche. Le syndicat se révèle être aux yeux dés capitalistes l'arme anti-ouvrière la plus forte en capitalisme décadent avec le stalinisme qui sut maintenir l’ordre capitaliste quand la bourgeoisie s'en révélait incapable. D'organes ouvriers, les syndicats sont devenus des organes capitalistes en milieu ouvrier. Expliquons brièvement ce changement.

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Le syndicat n'a jamais été révolutionnaire, ni même à de rares exceptions près réformiste, c'est-à-dire qu'il ne s’est jamais proposé ni la destruction révolutionnaire ni la destruction par réforme du capitalisme. C'est un organisme de nature intrinsèque dont les limites ne dépassaient pas le cadre du capitalisme. Quand ce dernier est devenu décadent; le syndicat n'a donc pu que suivre le même chemin s'affirmant de plus en plus comme rouage indispensable au maintient un système devant être abattu. Le syndicat devient donc réactionnaire et contre- révolutionnaire.

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Le syndicat a permit globalement au 19eme siècle une accélération du développement social parce que celui—ci était encore lié à la croissance économique."En ce sens, tout en n'étant pas révolutionnaire, il était positif ″ [mais non indispensable avec où sans eux] car il permettait d'accélérer la maturation des conditions objective. Lorsque ces conditions objectives sont réunies et que le capitalisme n'est pas détruit, alors il devient décadent et tout organisme qui reste sur le terrain capitaliste, qui ne lutte pas directement et uniquement contre la condition d'esclaves salariés et pour le communiste, cesse d'être un organisme prolétarien.

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A partir d'une certaine accumulation et centralisation du capital, de par l'économie dirigée, le despotisme augmente au détriment des libertés que consentait le capitalisme naissant. Et nous n'inventons rien lorsque nous constatons que le syndicat s'est si bien adapté à ce changement qu'il est le roi du despotisme en milieu ouvrier, c'est "le défenseur" de droit divin de la classe ouvrière allant même jusqu'à avoir 100% du droit d'embauche dans certaines entreprises. Et cela ne peut être en aucun cas dû à l'esprit machiavélique d'une poignée de délégués mais bien dû à la nature et à la fonction du syndicat* Cette aide au développement social qu'emportait le syndicalisme n'existe donc plus, car comment accélérer un développement qui n'existe plus, le fait qu'il se maintienne en vie, et avec la force qu'il a, prouve que c’est un organisme capitaliste favorisant non plus un quelconque développement mais la marche vers une barbarie chaque fois plus grande.

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Le capitalisme a développé la seule classe qui historiquement est capable d'abattre -toute société d'exploitation en abattant celle dans laquelle il se trouve, et aujourd’hui Plus que jamais, alors que toutes les conditions matérielles existent, toutes les contradictions contenues dans les sociétés inhumaines ne peuvent trouver de solution que par la résolution de la contradiction exploiteurs-exploités, capital-salariat. Tout organisme politique et économique ne peut se trouver objectivement que dans un camp ou dans l'autre, il n'y a pas de demi-mesure, ni de forces progressives à appuyer favorisant l'accès au communisme eh dehors du prolétariat insurgé.

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Le syndicat est capitaliste et il joue bien son rôle, celui de maquereaux des salariés, il isole ou essaie de récupérer toutes les luttes; attaque les travailleurs les plus révoltés ; dans certains pays capitalistes représentant le devenir réactionnaire et meurtrier du capital, à savoir les pays capitalistes d'Etat, il est même intégré à l'Etat et achète directement la force de travail aux bureaucrates syndicaux qui s’accaparent en partis la plus-value.

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Aujourd'hui les "luttes" syndicales sont des non-luttes, elles ne sont même pas sur le terrain revendicatif du prolétariat. Nous devons combattre tout organisme qui par l'énoncé de ses revendications n'attaque pas et ne vise pas à attaquer l'accumulation du capital et donc par là même le capital et l'exploitation

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Or, les revendications syndicales sont toutes réactionnaires, aucune n'attaque la plus-value sauf dans certains cas lorsqu'il faut prendre le train en marche pour mieux pouvoir l'arrêter plus tard. En ce sens l'action syndicale n'est pas sur le terrain de la revendication de classe, pis, elle l'empêche. Les révolutionnaires ne peuvent juger les revendications qu'en fonction de l'objectif général de la lutte des classes et la révolution sociale. Les revendications à défendre né peuvent être que celles qui s’attaquent aux fondements de 1’exploitation. Tout le contraire de la revendication syndicale.

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De plus et pour finir, nous aurions pu aborder la question d'un autre point de vue. En effet, au moment où les conditions matérielles objectives sont réunies pour là transformation communiste de la société, tout organisme de masse qui se maintient en période de "paix sociale" est forcément réactionnaire. En effet, la révolution sociale étant elle-seule à l'ordre du jour, une organisation prolétarienne dès qu'elle acquiert une certaine influence l'utilise pour détruire le capitalisme et donc empêche là "paix sociale".

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Les révolutionnaires doivent donc combattre toute idée de création d'organisation "de masse se maintenant en période de "paix sociale", toute idée ne serait-ce que d'appui - même "critique“ au syndicat, mais au contraire s'organiser sur des positions révolutionnaires qui conjuguées à l'action de classe sont seules garantes de l'unité" : prolétarienne, de la révolution et du communisme.

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Article paru dans Alarme No9 JUIL, AOUT, SEPT-80

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Published by Article - dans ALARME
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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 19:43

LA DIVINE COLÈRE du «PROLÉTAIRE»

(Controverse avec "le Prolétaire" Organe du Parti Communiste International)

Traduit de ALARMA seconde série No25, 2ème trimestre 1973.

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Le périodique qui se pare d'un tel titre est l'organe du bordiguisme (que disons-nous là !) Du parti historique du prolétariat international, en France; plus encore, il est le gardien du "programme communiste". A ce titre, alors qu'il nous observait (du coin de l'œil) avec une certaine tolérance, sa patience s'est émoussée, et sans • pouvoir résister davantage, il nous lance les injures qu'exige sa fonction. Et ce n'est pas parce qu'elle ; est auto-décernée que cette fonction en est moins celle d'une sentinelle, loin de là. Nous devons donc accourir à ses ordres et tenter de nous excuser comme lorsqu'un agent de la circulation surprend quelqu'un à traverser hors des passages cloutés. Que nos camarades et amis nous pardonnent cette lecture .C'est un cas de force majeure.

 

La goutte qui fait déborder la colère du gardien est le texte " Réaffirmation" publié en appendice de l'édition fac-similé de l'ouvrage de Munis:" Jalones de der- rota,promesa de Victoria", reproduit dans le numéro 21 (2° série,1972)de Alarma. "Le prolétaire" consacre trois-quart de page (n°139 nov-déc. 72) à nous éreinter. Nous aurions eu le temps d'inclure une réplique dans le numéro d'Alarma du lsr trimestre de cette année, mais nous élaborions alors un article où nous voulions traiter du Parti Historique et de son centralisme organique et nous avons préféré ne pas lire l'attaque du gardien avant de l'avoir achevée afin que celle- ci n'influe pas sur notre critère.

 

Première phrase de son texte, première déformation:"Le groupe hispano-français. Fomento Obrero Révolucionario'.'.. Non gardien, tu parles à la légère et sans savoir. Bien qu'avant de mourir Benjamin Péret y milita, le F.O.R n'a rien de français, et si tel n'était pas le cas, se taire serait une obligation élémentaire afin d'éviter que ceux qui ne doivent pas savoir le sachent, sinon tu mériterais un qualificatif pire que celui de gardien!

 

 

Quelques lignes plus loin afin de nous situer politiquement il prétend qu'en Espagne" Munis et quelques trotkistes "orthodoxes" ont formé la gauche du POUM avants d'être expulsés en avril 37, qu'ils établirent des relations avec des liber­taires de gauche,"les amis de Durruti", etc. Nouvelles déformations, quatre et dans l'ordre : Munis n'a jamais été au POUM, il n'a donc pu ni en être expulsé, ni constituer une fraction de gauche en son sein, et les "relations" du trotkyste d'alors avec les amis de Durruti s'établirent fusil en main dans la lutte contre le stali­nisme, non en avril, mais lors de 1' insurrection de mai 1937. Espérons que le gardien ne le prendra pas à mal.

 

Cette manière d'informer sur nous ne peut venir que de ce que certains anarchistes, qui confondent le POUM avec le trotkysme, ont dit, et de la revue Autogestion et Socialisme qui boit à la même source. Peu importe, le but du "Prolétaire" est de préparer le terrain pour démontrer, quelques paragraphes plus loin et de façon non moins inexacte, nos relations idéologiques... avec Proudhon. Nous y arriverons. Continuons maintenant.

 

Le deuxième paragraphe laisse voire l'effilure de l'article par la tergiversation suivante : la réaffirmation de Munis "mérite quelques lignes de commentaire pour montrer que "le dépassement du trotskysme" par ces éléments (1) équivaut à tomber purement et simplement dans un anti-bolchévisme anarchisant et spontanéiste, concordance avec le soit- disant "communisme de gauche" du prétendu "marxisme européen" qu'illustrent Gorter, Pannekoek et autres Korsch".

 

Voilà une phrase creuse qui illustre la désinvolture du "Parti Historique" pour jeter son mauvais sort, car, ou il n'a pas lu ce que nous avons dit sur la spontanéité et ses dérivés, ou il n'en a que faire. C'est le plus probable, car pour lui il s'agit de confirmer et de reconfirmer sa propriété privée de la révolution. De toute façon, c'est une accusation gratuite, d'écervelé.

 

Le troisième paragraphe comporte une déformation, vérifiable par quiconque, même une sentinelle du "Prolé­taire", et deux erreurs significatives dans la traduction d'une citation extraite du livre de Munis. Voyons la falsification : "Munis fait de la révolution (?) Espagnole une apologie semblable à celle que l'on peut trouver dans des textes anarchistes comme ceux de Gaston Levai par exemple". Avant de s'aventurer à une telle affir­mation, les écrivains du "Prolétaire" ont-ils lu les critiques de l'anarchisme contenues dans "Jalones de derrota, pro- mesa de Victoria"? Encore une fois ils passent outre. Quel besoin ont-ils de les lire pour perpétuer leurs gargarismes? Pour notre part, voulant leur faciliter ces exercices, nous leur disons que si par hasard un anarchiste, Laval ou DU Schmurtz, défendait la révolution espagnole pour les mêmes raisons que nous, et avec une critique semblable -ce qui n'est pas le cas- il viserait juste et pour aussi anarchiste qu'il se proclamât, il serait meilleur marxiste, dans ce cas précis tout au moins, que "le Prolétaire". Mais ce que nos détracteurs ne supportent point c'est d'entendre parler de révolution en Espagne. Là est la coïncidence qui motive la déformation antérieure. Nous y reviendrons.

 

Du flegme maintenant, et voyons la traduction déformée : Munis écrit que la révolution espagnole"projette vers le futur d'importantes modifications tactiques et stratégiques. De sorte que dans le domaine de la pensée seules de méprisables imitations de théorie peuvent être élaborées, si on fait abstraction de la contribution de la révolution espagnole, précisément dans les aspects où elle contraste, en la dépassant ou en la niant, avec la contribution de la révolution russe". Le texte en espagnol dit à dessein : dans les aspects où... La version du gardien transforme la partie en tout. Nous tirerions donc un trait sur la révolution russe, c'est ce que le gardien doit montrer, et c'est ce qu'il réitère plus loin avec des recours polémiques d'une qualité plus piteuse encore.

 

L'autre erreur fait retomber la déformation de la traduction sur la tête des auteurs de l'article. Là où le texte espagnol parle «d’imitation de théorie", ils écrivent "parodie de doctrine" A ce stade, et pour aussi dépositaires du programme communiste qu'ils pensent être, ils n'ont pas l'air de s'être aperçu qu'un des fondements principaux de ce programme est le refus de toute doctrine. Certes ils ne nous accusent pas d'être des doctrinaires. Ils le sont jusqu'à la moelle. Le mot leur vient tout seul à la bouche, tout comme le doctrinarisme s'échappe sans cesse de tous leurs pores.

 

Le quatrième paragraphe nous endoctrine -c'est le cas de le dire- sur ce qui doit être compris par structures et superstructures. Le texte incriminé, et de façon plus détaillée, le livre "Jalo­nes" se réfèrent à la destruction par le prolétariat, des structures de la société capitaliste sur le plan économique, politique et juridique. Ce qui est politique et juridique, nous souffle ironiquement le gardien, correspond aux super structures.Demandons-lui : le gouvernement bourgeois et sa machine gouvernemen­tale, l'armée et la police, les tribu­naux et la caste cléricale si puissante en Espagne, aussi ? C'est à tout cela que correspondent les superstructures dont ne parle pas "Réaffirmation". Tout de suite après, le gardien nous assène une autre petite leçon, encore plus déplacée, sur les rapports marchands au sein du capitalisme, par opposition aux rapports juridiques qui au sein de féo- dalisme liaient les personnes entre elles, comme si nous avions dit que la révolution espagnole avait établi de nouveaux rapports juridiques. Ce qu'elle créa, ce furent des tribunaux propres, qui jugeaient selon leur avis, sans tenir compte de l'ancienne superstructure -le terme est maintenant approprié- juridique du capitalisme, sans que formellement cette dernière ait été abolie. Disons à notre gardien, même s'il passe outre, que ce sont précisément les rapports marchands qui obligent les ventres vides à se vendre au capital pour un salaire, et les organismes étatiques, qui subirent le plus grand dommage. Mais l'ébranlement n'a pas eu lieu suivant le schéma qu'il a et que beaucoup d'autres ont dans leur tête, et pour qui les bordiguidistes éprouvent un mépris que leurs propres positions ne justifient pas. Désire-t'on une meilleure preuve de leur inexistence ?

 

Observez maintenant son explication de la révolution russe : "il est vrai que sur le plan économique, la révolution russe n'a jamais dépassé le stade bourgeois, parceque précisément elle a du instaurer le capitalisme à travers les nationalisations (1) comme représentation de sa phase initiale, celle de 1' accumulation primitive, et non de la phase finale du capital monopoliste.

 

Elle fut permanente (au sens de Marx), car s'il est vrai qu'elle fut bourgeoise sur le plan économique, elle fut réalisée par le prolétariat dans la perspective d'une révolution internationale. Politiquement la dictature du Parti bolchévique (malgré les obstacles causés par les bonnes relations avec la paysannerie») l'a stigmatisé comme épisode de la révolution prolétarienne mondiale, seule susceptible d'être victorieuse. Les bolchéviques n'ont jamais pensé (et pour les staliniens ce ne fut qu'un thème de propagande) sauter ou plus encore "abattre" le capitalisme uniquement dans la Russie précapitaliste. Le petit jeu de Munis inspiré par Pannekoek, est clair: présenter la révolution bolchevique comme une révolution bourgeoise y compris au niveau politique, afin de la liquider. Alors le stalinisme, au lieu d'être le produit du reflux de la révolution internationale (produit qui à son tour n'a un effet contre-révolutionnaire que sur le plan politique) devient un phénomène aberrant, une monstruosité de l'histoire(ou mieux le "châtiment" des bolchéviques pour leur incapacité à détruire un capital inexistant) et contre toute réalité historique on parle "d'urgence de la révolution".

 

"Le prolétaire" gardien veut sinon inconsciemment tout au moins par ignorance impardonnable en affirmant que pour nous la révolution russe est bourgeoise en tout et pour tout."Le petit jeu" en question, auquel s'ajoute une incohérence manifeste, est le sien! En effet quand nous écrivons qu'en 1917 il y a eu révolution permanente ou démocratico- bourgeoise réalisée par le prolétariat en vue de la révolution mondiale, nous affirmons implicitement (et nous l'avons dit explicitement) qu’elle ne fut bourgeoise sur aucun plan, que les pédants s'in— forment. Car pour être bourgeoise une révolution doit développer les structures et les superstructures(le droit dans tous ses aspects) de la classe bourgeoise, classe qui se distingue principalement et exclusivement par la propriété des moyens de production sans laquelle ni elle ni sa révolution ne peuvent exister. Donc, lorsque nous parlons de la mort de la révolution russe, nous entendons, c’est clair, la perspective socialiste et la révolution démocratique. Ce qui meurt c’est ce que précisément avait été réalisée, la révolution permanente. L'interprétation biscornue du gardien de "Programme communiste" est très différente.

 

Selon leur entendement-analysez la citation antérieure- la révolution a du instaurer le capitalisme par les étatisations qui représentent non la phase finale du capital monopoliste mais sa phase d'accumulation primitive. Cette affirmation suffit pour conclure à une révolution bourgeoise et rien que bourgeoise réalisée par la "dictature du parti bolchévique";Pannekoek ne prétend pas autre chose et le dit avec plus de logique, bien que sans raison. De fait, sur ce point, le bordiguisme se situe plus en arrière que Pannekoek s'embourbant dans l'accumulation primitive qui dans l'évolution historique se situe bien avant la possibilité même de révolution bourgeoise...

 

Le brouillamini est presque inextricable. Pour commencer on nous dit que les bolchéviques instaurent délibérément l'accumulation primitive du capital par les nationalisations, ce qui, dans le domaine économique, constitue une révolution bourgeoise. Ensuite que la dictature des bolchéviques représentait un épisode de la révolution mondiale, une révolution prolétarienne dans le domaine politique en somme. Quelques lignes plus loin, que la Russie se trouvait à un stade précapitaliste et que par conséquent les bolchéviques ne pouvaient détruire "un capital inexistant". Mais alors, dans de telles conditions, non seulement la révolution prolétarienne mais aussi la révolution bourgeoise elle-même devient impossible à moins de croire que l'histoire est façonnée par quelques génies indé pendemment des conditions matérielles. Il n'y avait pas de capital, ensuite les bolcheviques doivent le sortir de leur manche afin de le nationaliser. Que nationalisaient-ils sinon ? Et d'où sort dans ce cas un prolétariat russe si familiarisé en matière révolutionnaire, qui instaure sa dictature et prend les devants de la révolution mondiale ? Inspiration et intérêts du prolétariat mondial ?

 

La ligue "communiste" dit cela pour pouvoir parler "d'une authentique révolution prolétarienne en Chine". Les parentés politiques existent bien qu'elles soient exécrées de part et d'autre. Si ce n'est ainsi, mystère ! En fin de compte que fait ce prolétariat russe ou ce parti bolchévique sans prolétariat ? Ils se mettent à réaliser... l'accumulation primitive du capital. En premier lieu il agit politiquement avant d'exister et ensuite il s'auto-en- gendre économiquement, vu que son apparition comme classe est parallèle à l'accumulation élargie du capital. S'agissant des bolcheviques sans prolétariat ceux-ci se mettent à réaliser l'opération la plus immonde de l'histoire du capitalisme. Que le gardien alerte du programme communiste se le dise ! Pour notre par, sans mentionner d'autres incohérences, nous déclarons qu'une semblable interprétation du grand Octobre est insensée et dénigrante pour tous ses protagonistes, bolcheviques en tête.

 

Si la révolution permanente a pu avoir un sens (dans la conception de Marx, pour ne pas sortir du terrain clôturé par nos détracteurs) c'est celui d'un soulèvement ou d'une révolution qui, commençant par détruire en Russie la machine politique et économique du tsarisme, déchaînerait la révolution communiste dans l'Europe industrialisée, et permettrait en Russie la connexion avec cette dernière. Il ne pouvait venir à l'idée de Marx que le faible prolétariat russe d'alors puisse se consacrer, même si la révolution européenne échouait, à s'exploiter et â se martyriser lui-même afin d'accumuler un capital initial, tâche que nos gardiens attribuent aux bolchéviques.

 

L'entreprise impétueuse des bolchéviques futs celle qu'indiquait Marx. Il est faux de prétendre que le communisme de guerre ne fut qu'un expédient "de ville assiégée". Ce fut aussi le commencement rudimentaire et dans des conditions extrêmement pauvres de la suppression des relations économiques capitalistes. Trotsky le rappelle dans "d'Octobre rouge'à mon bannissement". C'est, au contraire, le capitalisme d'Etat imaginé ensuite par Lénine qui voulait être, à travers le pouvoir effectif des soviets, un expédient d'un pays révolutionnaire assiégé, en attendant que le prolétariat européen balaie le siège. Ces deux faits se sont faufilés devant "Le prolétaire" gardien sans qu'il ne les voit, car semble-t-il, d'après sa compréhension, il est exclu qu'un pays arriéré puisse aborder la révolution communiste sans passer par l'accumulation élargie du capital jusqu'à sa phase monopoliste. Ainsi, soit dit en passant, il gratifie comme positive l'action contre-révolutionnaire du stalinisme. Qu'a fait ce dernier, selon son critère, sinon prolonger l'accumulation qu'il endosse aux bolchéviques en tant qu'objectif délibéré et même scientifique, avant même le recul de la révolution européenne ! Ainsi alors qu'il nous accuse faussement de dire que la révolution en question fut bourgeoise tant politiquement qu'économiquement, il voit dans le stalinisme la continuité économique du bolchévisme, 1'accomplissement de la révolution bourgeoise jusqu'à sa phase monopoliste. Contre-révolution politique, oui, mais révolution économique. A quelle sauce ça se mange, gardien ?

 

De toute façon, malgré son analyse bancale, le bordiguisme admet que la base du stalinisme en Russie c'est le capitalisme d'Etat. Mais, sans s'apercevoir de la contradiction, il soutient qu'en France, en Italie , en Espagne etc. et bien entendu en 1936 en Espagne, la pratique du stalinisme est de nature réformiste, opportuniste, révisionniste. Cela lui donne l'occasion de nous cribler une fois de plus dans les paragraphes 6 et 7, car nous le nions. Observez avec quelle rigueur et quelle scrupulosité critique-t-il le fait :

Selon Munis, en Espagne le stalinisme " n'a pas jouer le rôle d'auxiliaire de la bourgeoisie, d'un Kerensky ou d'un Noske (fin de la citation de Munis, le gardien continue comme suit), mais a réalisé la contre-révolution en soi. Pourquoi ? Evidemment par "appétit du pouvoir", pour faire sa révolution totalitaire..."

 

Les. Lecteurs du "Prolétaire" peuvent ainsi être convaincus de notre sottise, sans savoir que ne nous appartiennent ni l'entre-guillemet "appétit du pouvoir" ni les mots, pour faire sa révolution totalitaire. L'un et les autres sont pure invention introduite par le gardien soupçonneux: Oui nous avons dit et nous soutenons que le stalinisme a fait la contre-révolution en Espagne, mais non en soi, pour soi. Que le gardien nous dise si le stalinisme en Russie a trouvé son impulsion contre-révolutionnaire dans "l'appétit du pouvoir" ou dans le pouvoir maximum que représentent l'us et l'abus de la plus- value. Et en Chine, et en Allemagne, et en Pologne etc... Jusque dans la petite Cuba.

 

En fin de compte -ajoute le gardien- les staliniens furent ceux qui «ont joué leur rôle d'imbéciles utiles" avant d'être liquidés en 1939 par la junte de Casado. Il n'est pas au courant, ou ne veut pas l'être, que Casado et Miaja étaient des hommes du stalinisme, et que le coup de la junte leur fut suggéré par Négrin en personne, avec le consentement de ses guides, les leaders staliniens ; il n'est pas au courant du fait que le parti stalinien à Madrid appela à ne pas s'opposer à la junte, et encore moins du fait que la victoire de Franco était décidée à Moscou qui abandonnait le terrain à Franco- Hitler-Mussolini, comme gage déjà du maudit pacte Hitler-Staline.

 

"Le prolétaire" fait pire encore sur l'autel de la doctrine autour duquel il monte la garde. Selon lui, ce sont les staliniens qui furent liquidés. Qu'il y en ait eu certains c'est sûr, mais en défendant quoi; gardien ? Depuis 1938 la police c'était le stalinisme. Par contre "Le prolétaire" n'a que paroles méprisantes pour les comités-gouvernement qui non seulement, selon lui, défendaient la république bourgeoise, mais en plus laissaient "qu'une croix soit tirée" sur les transformations révolutionnaires (pour lui inexistantes). Rappelez-vous que le stalinisme a également nié l'existence d'une révolution prolétarienne, qu'il a accusé les expropriations de vols, les milices ouvrières de tribus sauvages, et que lorsqu'il a reconstitué la police (sa police) avec des armes russes il réclama : A bas les comités, tout le pouvoir au gouvernement, ceux qui veulent faire la révolution sociale ou en parlent, sont des agents de Franco ; d'autres perles de cet acabit pourraient être énoncées. Nous les offrons à votre digestion, propriétaire du "programme". Nous aimerions savoir comment vous vous arrangez pour accommoder tout cela à votre doctrine.

 

Nous en étions restés au fait que les Comités-gouvernement abandonnèrent facilement ! On n'en croit pas ses propres yeux. Des centaines de luttes des comités, des groupes ouvriers et des miliciens contre le pouvoir officiel, souvent contre le stalinisme directement, luttes dont la plupart étaient armées, une d'entre elles durant plusieurs jours pour la domination de la frontière avec la France aux mains des comités. Bagatelles que cela, a décrété la doctrine depuis 1936. Il y a mieux encore, une insurrection prolétarienne contre la réaction stalino-capitaliste. Plus de mille morts au combat, des centaines, des milliers d'assassinés par la suite : "On trouvait les révolutionnaires assassinés (par le stalinisme, gardien de ton nombril !) Dans les bas-côtés de la route en plus grand nombre qu'en zone franquiste" (Irujo dixit, et les morts parlent). Et pour comble, des procès genre Moscou, parmi lesquels celui du POUM et le nôtre.

Mais ces faits, relatés dans Jalones et dans d'autres livres, ne sont rien d'autre qu'épisodes risibles de la "clownesque république espagnole", qui, en somme, "reçu ce qu'elle méritait" de la part de Franco.

 

Après une telle rétorsion d'événements historiques vérifiables par quiconque, il est à peine vain d'indiquer que les accusations de remâcher le proudhonisme, l'anarchisme etc. sont basées sur des rétorsions du bref texte "Réaffirmation" et sur l'ignorance complète de ce qui est dit dans "Jalones", sans que ne manquent, comme avant des mots entre-guillemet étrangers à notre plume. Le sommet de la rétorsion est atteint par "le Prolétaire" lorsqu'il met au rencart une citation de Marx transcrite dans "réaffirmation", car évidemment elle ne cadre pas avec sa doctrine. Une seule chose certaine nous est dite, à savoir que pour conserver les conquêtes révolutionnaires il faut prendre le pouvoir. Mais si le gardien ou sa relève s'étaient pris la peine, non de lire ce serait trop leur en demander, mais de feuilleter le livre en question, ils seraient tombés sans difficulté sur quelques pages où ce lieu commun plus que centenaire est affirmé. Pour être plus précis, dans le chapitre "la propriété" par rapport à laquelle de façon irresponsable, calomnieuse et mensongère, "Le prolétaire" nous taxe de proudhonisme.

En effet, c'est dit dans réaffirmation avec des mots de Marx, la classe ouvrière doit «ériger une barrière infranchissable, un obstacle social, qui l'empêche de devoir se vendre au capital par "contrat libre elle et sa progéniture jusqu'à l'esclavage et la mort". Ensuite c'est Munis qui parle : "Il doit disposer, à volonté de toute la richesse sociale qui constitue aujourd'hui la plus-value du capital... L'article du gardien reprend ceci mais a censuré les mots de Marx. Evidemment afin de pouvoir écrire ensuite (paragraphe 10 de l'article) en se référant à Munis et en-posant un lapin à Marx : "Mais comment réaliser tout cela ? Rien de plus facile : il suffit de "mettre entre parenthèse" la période de transition avec ses mesures despotiques graduelles...". Le gardien sévère n'a pas inventé les mots mettre entre parenthèse la période de transition, mais ainsi utilisés il fait croire mensongèrement à ses lecteurs qu'elles sont nôtre. De plus dans son article il y a quelque chose de supprimé ; la citation de Marx, la barrière infranchissable, l'obstacle social qui empêchera le prolétariat de devoir se vendre au capital. On ne peut que conclure que celle-là ne rentre pas dans "les mesures despotiques graduelles" que le parti historique cogite pour 1'après immédiat de la révolution. Dans notre conception, au contraire c'est la plus importante des impositions de la dictature du prolétariat, et sans elle il n'y aura jamais de période de transition au communisme. C'est là qu'elle s'initie nécessairement. Que nos contradicteurs nous disent tout au moins, qui va administrer l'actuelle plus-value et quand s'élèvera le célèbre obstacle social. Nous sommes tout ouïes.

 

Comme on voit, démêler est beaucoup plus laborieux qu'emmêler, et de surcroît c'est un travail très ennuyeux. Sans plus nous préoccuper d'autres embrouillements et tergiversations, donnons à savourer le paragraphe le plus sentencieux du gardien :

"Répétons le, si c'est cela le "dépassement "du trotskisme, le remède est de beaucoup, pire que la maladie. Et en l'an de grâce 1972 on ne peut plus parler de "maladie infantile", extrémiste. Ce qui apparaît, à nos yeux est bien plus un cadre d'involution sénile opportuniste, qui répète les lieux communs de l'infantilisme pré-marxiste proudhonien". Ce qu'avait à dire de nous "Le prolétaire" était déjà contenu dans le titre de son article : "Maladie infantile ou radotage sénile ?" Des appréciations d'un tel acabit nous les laissons au jugement de tierces personnes à moins de répondre à la marchande de poissons avec des paroles de marchande de poissons.

 

Après ce qui a été dit, nous terminons en renvoyant la balle au sévère gardien du "programme communiste". D'entrée dans son article le gardien lâche ses chiens contre nous : "Fomento Obrero Revolucionario est devenu célèbre (à la manière d'Erostrate) par Un texte intitulé -excusez du peu- pour un second manifeste communiste-".Simple façon de laisser entendre que nous et zéro c'est zéro, l'outrecuidance avec le signe moins en prime. Appelant à notre secours le dictionnaire encyclopédique pour nous familiariser avec Notre ancêtre, nous découvrons qu'Erostrate était un quelconque habitant de la cité grecque de Phèse qui, voulant s'immortaliser -d'après la légende- injuria et incendia le temple de la déesse Diane» niais exactement la nuit de la naissance d'Alexandre le grand. Les habitants de Phèse interdirent de prononcer le nom d'Erostrate sous peine de mort. Qu'ils sachent donc à quoi ils s'exposent, camarades ou amis, ceux qui oseront articuler notre nom tout au moins de ce lieu-dit "le Parti historique", ce sanctuaire, car nous nous efforceront jour après jour de mettre le feu aux temples où on réchauffe une quelconque doctrine. C'est là le dernier refuge des fantômes religieux, que l'iconoclaste K.Marx recommandait de chasser... Entre le temple, Alexandre et Erostrate, nous resterons avec l'obscur Erostrate.

  1. Nous omettons ici une -parenthèse du "Prolétaire", grimace bénévole pour le passé de ces éléments que nous sommes. C'est superflu.
  2. Souligné par nous le reste est souligné par le "Prolétaire".
"Nous verrons comment la Critique religieuse construit le dogme d'une situation, où l'une des “antithèses, " la Critique", finit, comme seule vérité, par triompher de l'autre, "la Masse". Et Proudhon s'est rendu d'autant plus coupable de voir dans la Justice de Masse un absolu, un dieu de l'histoire, que la juste Critique s'est expressément réservée à elle-même le rôle de cet absolu, de ce dieu de l'histoire."

K. MARX. La Sainte Famille.
Traduit de ALARMA seconde série No25, 2ème trimestre 1973.
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Published by ALARMA N°25 - dans ALARME
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